le b.a.-ba sur le méthane dans les ISDND

la production de méthane dans les ISDND :

(présentation simplifiée)


Les déchets biodégradables contiennent du carbone. Quand le déchet se décompose à l'air libre, l'atome de carbone s'allie avec 2 atomes d'oxygène pour former le célèbre CO2.

Quand le déchet est enseveli dans les ISDND, l'air ne circule pas dans le tas de déchets compacté. Il n'y a pas d'apport d'oxygène. L'atome de carbone ne peut s'associer avec des atomes d'oxygène. En revanche, les mécanismes complexes de décomposition des déchets produisent de l'hydrogène.

L'association d'un atome de carbone ( C ) et de 4 atomes d'hydrogène ( H ) fait alors une molécule de méthane ; CH4.


méthane et climat :

A celles et ceux qui se disent que, finalement, on a évité la production de CO2, nous précisons qu'une tonne de méthane contribue au réchauffement climatique autant que 50 tonnes de CO2. (1) (2) 

Le méthane est ainsi un polluant climatique majeur s'il s'échappe dans l'air (on lui attribue 15 à 30% de la responsabilité du réchauffement climatique).

Il est pourtant aussi une richesse ( le fameux "gaz russe" importé, c'est à 95% du méthane).  

Les autorités ont remarqué cette double face du méthane et ont adopté une réglementation allant dans le bon sens.

le devenir du méthane produit :

Intelligemment, la réglementation européenne et nationale :

- impose de capter autant que possible le méthane qui est massivement produit dans les décharges ;

- invite à prioritairement le valoriser (une richesse) et à ne détruire le méthane par simple combustion que quand le valorisation n'est pas possible ;

La pollution climatique est le plus possible limitée et le méthane est pour l'essentiel utilisé. 


L'idéal serait de capter tout le méthane produit mais "la perfection n'est pas de ce monde" et personne ne peut assurer l'étanchéité parfaite des sites d'ensevelissement. La part du méthane produit qui n'aura pas été collectée partira dans l'air. La réglementation parle d'émissions diffuses pour refléter que c'est ce qui échappe à la collecte et est supposé être très limité à savoir, résulter de ce que l'étanchéité ne peut être absolue.


en résumé : le méthane produit par la décomposition des déchets se répartit entre :

le méthane capté et ensuite valorisé et, à défaut, détruit par combustion banalement dans une torchère

le méthane non capté qui s'échappe par des émissions dites diffuses et participe au réchauffement climatique.

*-*-*

(1) "50" est une simplification : le GIEC retient 28 quand il compare l'effet des 2 gaz sur le climat sur une période de 100 ans et 81 quant il les compare sur la période plus pertinente de 20 années. Ces chiffres portent sur le PRG : "potentiel de réchauffement global" (cf le site "ISDND2

(2) côté climat, les anciennes décharges à ciel ouvert étaient moins polluantes. Coté envol de déchets, odeurs, et autres pollutions, ces décharges sont inacceptables et il est heureux de les avoir interdites. 

les émissions de méthane sur lesquelles porte le procès.

la délimitation des émissions "fautives"

Pour le passé, ce sont les émissions de méthane qui n'auraient pas eu lieu si la réglementation avait été respectée.

Quand, de 1999 à février 2023, aucun gramme de méthane n'était traité sur le site de Sorbiers, l'intégralité du méthane produit était émis mais ces émissions n'étaient pas dans leur totalité fautives : si l'exploitant s'était soucié de respecter la réglementation, il n'aurait pas réussi à capter tout le méthane ; une part résiduelle du méthane produit sur le site se serait échappé dans l'air sans que ce soit des émissions fautive.

Les émissions "fautives" sont limitées à la différence entre les émissions qui ont eu lieu et les émissions résiduelles (émissions diffuses) qui auraient eu lieu même si l'exploitant avait agi pour capter autant que possible le méthane produit sur le site.

Pour le présent, une torchère est en fonctionnement mais le réseau de captage est, selon la SAPN-FNE 05 et ses soutiens, particulièrement inefficace : malgré les difficultés de chiffrage, nous pouvons affirmer qu'il capte moins de 20% du méthane produit. Ainsi, 80% du méthane produit continue d'être émis alors que cette proportion devrait être limitée à 10%. Le procès pour le présent porte sur les 70% du méthane produit qui sont émis dans l'air "en trop" : la différence entre les 80% émis et les 10% qui seraient émis si la réglementation était respectée.

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